saga science fiction Perle de Rubis de Anya Tressoler

05 Février 2017

Tome 3 - chapitre 1 - extrait 2

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Le ton enthousiaste de Zélée se dissipa et son visage devint grave. Elle prit la main d'Ormaïn pour lui traduire sa profonde sincérité.

— Je suis désolée d'avoir réagi si violemment par le passé quand tu évoquais avec lucidité cette hypothèse. C'est juste que... Toute ma vie, on m'a dit que les choses étaient ainsi, que l'on n'y pouvait rien. Depuis Nickeas, j'ai compris les mensonges mais même les sachant ce n'est pas pour autant que je pouvais tout accepter d'un coup. Il faut le temps de les digérer... Et avec mon estomac atrophié, c'est plutôt difficile. C'est difficile pour moi d'accepter que ce monde, que je croyais parfait, cache des atrocités sans nom et qu'il ne suffit pas de les révéler pour qu'elles prennent fin... Je pensais le monde juste. Tout est faux ou inversé. Désolée, je m'apitoie sur mon sort... Tu dois ressentir la même chose, avec ce qu'Elhi-Jodi nous a dit sur les résistants, que les villageois vous sauvaient dans l'unique but de planifier leur libération.
— Non. Kawa l'a ressenti ainsi, apparemment, mais pas moi. Peu importe pour quoi les habitants nous ont sauvés, ce qui compte c'est qu'ils l'aient fait. Ils ont pris des risques. Et je suis certain que la motivation première était de tenter d'épargner un enfant. Et avec le temps, ils ont dû imaginer que nos vies cachées permettraient la naissance d'une rébellion. En étant tout aussi démunis qu'eux, ce n'est pas simple... Pourtant, au final, leur plan a marché. C'est par nous que l'appel à l'aide a été entendu.
— Tu es optimiste.
— Peut-être. Je me trouve réaliste. Ne l'es-tu pas, Zélée ?
— J'ai dû l'être. Avant. Plus maintenant.
— Ça reviendra. Puisque tout va mal ou est incertain, tu es pessimiste. Il suffira d'un événement se déroulant pile comme prévu pour te rendre tout ton optimisme. Tu verras.
— Tu sembles bien sûr de toi, Ormaïn.
— Je commence à te connaître. Si bien que je peux prédire tes réactions.
— Ben voyons !

Elle l'enlaça de ses longs bras – qui n'étaient plus aussi fins qu'avant – et le reconduit à la porte. Ils embarquaient en direction du COMEte le lendemain, il leur restait des préparatifs à régler chacun de leur côté. Sur le seuil de la porte, le nickéen se retourna, déconfit.

— Là, je ne m'attendais pas à cette réaction.

Il vit l'ombre des deux battants de la porte gagner sur lui et, enfin, l'envelopper complètement. La lumière vive des appartements de la princesse avait disparu et il était désormais éclairé par la timide lueur qui provenait des fenêtres donnant sur la cour intérieure du palais. Il prit l'ascenseur anti-gravité pour atteindre le quatrième étage, où il était logé, plutôt que l'escalier.

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